Mesure de placement

Le placement d'un enfant en assistance éducative

Le placement est une mesure de protection qui confie l'enfant à une personne ou à un service désigné par le juge. La décision doit organiser le lieu d'accueil, les liens familiaux et les droits de chacun sans confondre placement et retrait de l'autorité parentale.

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Dans quels cas et auprès de qui l'enfant peut être placé

Le juge des enfants peut ordonner un placement lorsque la protection de l'enfant l'exige. Il peut le confier à l'autre parent, à un membre de la famille, à un tiers digne de confiance, à l'aide sociale à l'enfance ou à un service ou établissement habilité.

Sauf urgence, avant de retenir l'aide sociale à l'enfance ou un établissement, le juge doit disposer d'une évaluation des possibilités d'accueil par la famille ou un tiers digne de confiance et entendre l'enfant capable de discernement. La solution retenue dépend donc des besoins de protection et des possibilités concrètes d'accueil.

Lire toutes les modalités du jugement de placement

Le dispositif indique à qui l'enfant est confié, pour quelle durée et selon quelles modalités. Il faut relever les droits de visite, d'hébergement et de correspondance, la présence éventuelle d'un tiers pendant les visites, les obligations particulières et toute interdiction de sortie du territoire.

Checklist immédiate : conserver la décision et son enveloppe, identifier le professionnel référent, obtenir les coordonnées du lieu d'accueil lorsqu'elles ne sont pas protégées, clarifier les transports et les horaires de visite, puis noter les dates de rapport et de prochaine audience. Une consigne orale ne doit pas être confondue avec une modification judiciaire.

Autorité parentale et contacts pendant le placement

Les parents conservent les attributs de l'autorité parentale qui sont compatibles avec la mesure. Ils doivent être associés aux décisions qui restent de leur compétence, notamment pour la santé, la scolarité ou les documents de l'enfant, sous réserve des autorisations particulières données par le juge au gardien.

Les parents conservent en principe des droits de correspondance, de visite et d'hébergement. Le juge peut toutefois en fixer strictement les modalités, les suspendre provisoirement ou imposer une visite en présence d'un tiers si l'intérêt de l'enfant l'exige. En cas de désaccord durable sur l'organisation, le juge peut être saisi.

La place de l'enfant et le maintien des liens importants

Le choix du lieu d'accueil doit être guidé par l'intérêt de l'enfant et faciliter, lorsque cela est possible, les relations avec ses parents. Le maintien des liens entre frères et sœurs doit également être recherché, sauf si l'intérêt de l'enfant commande une autre organisation.

L'enfant capable de discernement doit pouvoir exprimer sa position. Pour préparer son suivi, il est utile de relever ses besoins concrets : scolarité, soins, activités, relations avec la fratrie, effets personnels, moyens de communication et personnes ressources. Ces éléments peuvent être portés au service, à son avocat et au juge.

Suivi, renouvellement et contestation du placement

La décision fixe la durée de la mesure, en principe dans la limite de deux ans, et un renouvellement doit être motivé. Une durée supérieure est possible dans la situation particulière prévue par le code civil. Le juge peut aussi modifier ou lever la mesure à tout moment si l'évolution du dossier le justifie.

Pour un bilan utile, il faut documenter les conditions d'accueil, les visites réalisées, la scolarité, la santé, les changements chez les parents et la proposition concrète pour la suite. L'appel de la décision doit être formé dans les quinze jours suivant sa notification par les personnes habilitées ; une demande ultérieure de modification repose, elle, sur les faits nouveaux.

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Questions fréquentes

Le juge peut-il confier l'enfant à un membre de sa famille plutôt qu'à l'ASE ?

Oui. Le code civil permet un accueil par un membre de la famille ou un tiers digne de confiance lorsque cette solution protège l'enfant et peut être organisée concrètement.

Le lieu d'accueil peut-il rester secret ?

Oui. Si l'intérêt de l'enfant le nécessite ou en cas de danger, le juge peut décider que le lieu d'accueil ne sera pas communiqué.

Sources